Frère aîné de l’apôtre Jean, Jacques le Majeur est réputé avoir évangélisé l’Espagne dont il est devenu le Saint-patron. De retour en Palestine, il aurait été décapité en l’an 44 sur ordre d’Hérode Agrippa Ier et son corps enseveli en Galice par ses disciples. Au IXè siècle, l’ermite pelage, attiré par des lumières surnaturelles aurait découvert le sépulcre du Saint, d’où le nom de Compostelle (champs d’étoiles).
La nouvelle de la manifestation miraculeuse se répand dans toute l’Europe médiévale et marque le début du pèlerinage de Saint-Jacques, le plus important d’Occident après celui de Rome. Durant deux siècles, des milliers de pèlerins partent des quatre coins de l’Europe vers Pente la Reina, en Espagne, départ du « Camino Frances » à 800km de Compostelle.
Des monastères et des hospices sont construits sur les chemins pour accueillir les « jacquets » et un guide est édité à leur attention. Certains, effrayés par la traversée du massif montagneux par les cols d’Ibaneta ou de Roncevaux préfèrent suivre la route du littoral passant par Saint-Jean-de-Luz. Devant l’afflux de pèlerins, la ville fait bâtir un premier hôpital au quartier de la Barre à l’entrée du port. Trop petit, il est cédé vers 1639 aux ursulines qui en font leur couvent.
Un nouvel établissement, plus important, est fondé par l’armateur Joannis DE HARANEDER de l’autre côté de la plage, près de l’actuelle Pergola. Il offre 16 lits de paille aux pèlerins et accueille aussi des pauvres et des naufragés mais pas les gens du pays, qui, par tradition, doivent être soignés et mourir à domicile. Mais, à partir du XVè siècle, le mouvement s’essouffle. Sous la Révolution, les pèlerins finissent persécutés. Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que renaisse l’esprit du pèlerinage. En 1987, les chemins sont classés "itinéraires culturels européens" et de nombreuses étapes du parcours sont inscrites au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.