La cité des corsaires

L’activité des navires corsaires de Saint-Jean-de-Luz représente l’un des aspects les plus spectaculaires de l’histoire de la ville, lui valant le nom de « cité des corsaires ». Si la ville a toujours vécu de la mer, elle connaît la prospérité dès le XIVè siècle grâce aux grandes pêches à la baleine puis à la morue à Terre-Neuve.

A partir du XVIè siècle, le commerce maritime est entravé par les guerres européennes qui vont se succéder durant deux siècles. Possédant des navires bien armés les Basques sont parmi les premiers à se porter volontaires pour « courir sus aux ennemis de l’Etat » d’où guerre de course. Baleiniers et morutiers sont équipés en guerre par des armateurs qui disposent d’une commission royale, leur donnant le droit d’attaquer tout bâtiment voguant sous pavillon d’un ennemi de la France.

Un marin corsaire est donc un militaire alors qu’un pirate est considéré comme un criminel. L’acte de guerre est aussi un acte commercial très lucratif qui permet aux familles d’armateurs de s’enrichir. En 1640, Joannot DE HARANEDER fait construire la maison Joanoenia, dite Maison de l’Infante. Trois ans plus tard, l’armateur Johannis DE LOHOBIAGUE érige la future Maison Louis XIV.

Les prises sont si nombreuses que le Duc de Gramont écrit au Roi : « Sa majesté pourrait aller de Saint-Jean-de-Luz à Ciboure sans se mouiller les pieds en empruntant les ponts des bateaux pris à l’ennemi. » Deux siècles durant, des familles entière vont se distinguer dans le commandement de navires corsaires. Certains seront hautement récompensés comme Jean D’ALBARADE nommé Ministre de la Marine en 1793. De nombreuses rues de Saint-Jean-de-Luz portent le nom de ces marins qui ont fait la richesse de la ville.

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