Bien à l’abri des imposantes falaises de Socoa et de Sainte Barbe qui ferment alors partiellement la baie, Saint-Jean-de-Luz est, jusqu’à la fin du XVIIIè siècle, une ville prospère grâce à une importante activité maritime. Mais au fil du temps, la mer, la pluie et le vent effritent peu à peu les protections naturelles et à partir de 1670, la ville est régulièrement inondée.
Dès 1686, le Maréchal de Vauban préconise la fermeture partielle de la baie par deux grandes digues. Faute de moyens, le projet est abandonné. Malgré un mur de protection de 400 m édifié sur la plage en 1707, la ville vit tous les ans au rythme des tempêtes. Chaque année, le mur est reconstruit, allongé, renforcé, doublé mais les dégâts sont de plus en plus importants.
En 1782, la mer anéantit les ouvrages de protection et envahit tout le quartier de la Barre détruisant 40 maisons dont l’important couvent des Ursulines. L’entrée du port, régulièrement ensablée, est impraticable et l’activité portuaire est ruinée. Découragés, les luziens quittent la ville, la population chute des deux tiers en 25 ans. Les quelques travaux de protection réalisés sous Louis XVI, ne vont pas empêcher huit jours de tempête de balayer tout le quartier en 1822 , soit plus d’un quart de la cité.