Imaginez-vous à Saint-Jean-de-Luz aux XVIIème et XVIIIème siècles : il y a de fortes chances que vous y croisiez quantité de corsaires. Aujourd’hui, certaines rues portent encore leurs noms.

Nid de vipères !

C’est ainsi que la ville était surnommée dès le XVIIème siècle par les anglais qui craignaient les redoutables pêcheurs basques reconvertis en corsaires. En effet, leur réputation était grande et ces derniers étaient si doués que les prises étaient abondantes. Nombreux sont ces capitaines luziens qui embarquaient à bord de frégates, brigantins ou goélettes équipés de canons, et qui sillonnaient les mers pour « courir sus » aux bateaux ennemis.

Le corsaire Coursic

Un des plus célèbres est sans nul doute Johannès de Suhigaraychipi, dit Coursic. Ce corsaire bayonnais, d’un tempérament particulièrement fougueux, ramenait le plus souvent ses prises dans le port de Saint-Jean-de-Luz, plus facile d’accès à l’époque que celui de Bayonne, ensablé par l’Adour. Terreur des espagnols, des anglais et des hollandais, il captura à lui seul plus de cent navires. Même Louis XIV avait eu vent de ses prouesses. En effet, en 1691, une lettre du Duc de Grammont, adressée au roi, vantait les exploits de Coursic. Elle stipulait que « Sa Majesté pourrait aller de Saint-Jean-de-Luz à Ciboure sans se mouiller les pieds en empruntant les ponts des bateaux pris à l’ennemi. ».

Mais au fait, connaissez-vous vraiment la différence entre un corsaire et un pirate ?

Muni d’une lettre de marque du roi limitée dans le temps, le corsaire était habilité à s’emparer des bateaux ennemis. Le butin était partagé entre le roi, l’amirauté, l’armateur et le reste était réservé à l’équipage. En cas de capture, il était considéré comme prisonnier de guerre.

Le pirate, quant à lui, écumait les mers pour son propre compte et risquait la pendaison.

Mais c’est surtout au XVIIIème siècle, lors des guerres de successions, que la course atteignit son apogée. A cette époque, la ville comptait une quarantaine d’armateurs, possédant chacun plusieurs navires armés, et dont on peut encore admirer certaines maisons dans le quartier historique. Le plus fortuné était Jean Peritz de Haraneder, Vicomte de Jolimont, descendant d’une longue lignée de navigateurs et qui détenait à lui seul dix-huit bateaux.

D’autres corsaires et armateurs ont marqué l’histoire de Saint-Jean-de-Luz comme les Chibau, Hayet, Saint Martin, Cépé… En flânant dans la ville, vous pouvez retrouver leurs noms gravés sur une dalle commémorative ainsi que sur les plaques de certaines rues qui vous rappelleront les aventures de ces valeureux marins.


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